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  Nous sommes le 05/10/2026

Les jours fériés sont-ils toujours rémunérés ? Guide complet

Chaque année, les jours fériés soulèvent les mêmes questions dans les entreprises : sont-ils payés, faut-il les rattraper, et que se passe-t-il si l’on travaille ce jour-là ? En France, la réponse dépend du jour concerné, de la convention collective, de l’ancienneté du salarié et parfois du territoire. Voici les règles essentielles pour comprendre quand un jour férié est rémunéré et dans quelles conditions.

Jour férié chômé : le principe de la rémunération

Un jour férié est une journée légalement reconnue comme particulière dans le calendrier. Mais contrairement à une idée répandue, tous les jours fériés ne sont pas automatiquement non travaillés. En France, seul le 1er mai, fête du Travail, bénéficie d’un régime légal à part. Les autres jours fériés peuvent être travaillés ou chômés selon les accords applicables, l’activité de l’entreprise ou les usages.

Lorsque le jour férié est chômé dans l’entreprise, le salarié ne travaille pas. Dans ce cas, la loi prévoit que cette absence ne doit entraîner aucune perte de salaire pour les salariés mensualisés totalisant au moins trois mois d’ancienneté. Autrement dit, si le salarié remplit cette condition, son salaire habituel est maintenu comme s’il avait travaillé.

Cette règle concerne les jours fériés ordinaires, comme le 14 juillet, le 15 août ou le 11 novembre. Elle s’applique lorsque le jour férié tombe sur un jour qui aurait normalement été travaillé. En revanche, si le jour férié tombe un dimanche ou un jour habituellement non travaillé, il n’ouvre pas automatiquement droit à une rémunération supplémentaire ni à un repos compensateur, sauf disposition plus favorable.

Le 1er mai : un jour férié vraiment à part

Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour la grande majorité des salariés. Lorsqu’un salarié ne travaille pas ce jour-là, sa rémunération doit être maintenue, sans condition particulière d’ancienneté. C’est une différence importante avec les autres jours fériés, pour lesquels la condition des trois mois peut s’appliquer.

Certaines activités ne peuvent toutefois pas être interrompues, notamment dans les hôpitaux, les transports, l’hôtellerie, la restauration, la sécurité ou certaines industries fonctionnant en continu. Dans ces cas, les salariés peuvent être amenés à travailler le 1er mai. La loi impose alors une rémunération spécifique : le salarié perçoit son salaire habituel, plus une indemnité d’un montant équivalent. En pratique, le travail du 1er mai est payé double.

Cette majoration légale ne doit pas être confondue avec les règles applicables aux autres jours fériés. Pour un jour férié ordinaire travaillé, le Code du travail ne prévoit pas automatiquement de majoration de salaire. Il faut donc vérifier la convention collective, l’accord d’entreprise, le contrat de travail ou les usages internes.

Quels jours fériés sont concernés en France ?

Le calendrier légal français comprend onze jours fériés nationaux. Ils n’ont pas tous les mêmes conséquences sur l’organisation du travail, mais ils servent de référence pour déterminer les droits des salariés. Pour anticiper l’organisation d’une équipe, il peut être utile de consulter la date du prochain jour férié, notamment lorsque celui-ci tombe en semaine.

  • 1er janvier : jour de l’An.
  • Lundi de Pâques : date variable selon les années.
  • 1er mai : fête du Travail, régime légal spécifique.
  • 8 mai : commémoration de la victoire de 1945.
  • Ascension : jeudi situé quarante jours après Pâques.
  • Lundi de Pentecôte : souvent associé à la journée de solidarité.
  • 14 juillet : fête nationale.
  • 15 août : Assomption.
  • 1er novembre : Toussaint.
  • 11 novembre : Armistice de 1918.
  • 25 décembre : Noël.

À cette liste nationale peuvent s’ajouter des jours fériés locaux. C’est le cas en Alsace-Moselle, où le Vendredi saint et le 26 décembre sont également fériés dans certaines conditions. Dans les départements et régions d’outre-mer, des dates propres à l’histoire locale peuvent aussi s’appliquer, comme le montre ce guide consacré aux jours fériés spécifiques en Martinique.

Un jour férié travaillé est-il mieux payé ?

En dehors du 1er mai, la loi ne prévoit pas de majoration générale pour un jour férié travaillé. Un salarié qui travaille le 14 juillet ou le 11 novembre peut donc être payé à son taux habituel, sauf si une règle plus favorable s’applique. C’est souvent la convention collective qui détermine les compensations : prime, majoration, repos équivalent ou combinaison de plusieurs avantages.

Certains secteurs prévoient des dispositions spécifiques, notamment le commerce, l’hôtellerie-restauration, les établissements de santé, la sécurité privée ou les transports. Dans ces domaines, travailler pendant les jours fériés fait parfois partie de l’organisation normale de l’activité. Mais cela n’exclut pas l’existence d’une contrepartie conventionnelle, qu’il faut vérifier dans les textes applicables à l’entreprise.

Le contrat de travail peut également contenir des clauses utiles, mais il ne peut pas retirer un droit prévu par la loi ou par la convention collective. En cas de doute, il est préférable de consulter le service des ressources humaines, les représentants du personnel ou le bulletin de paie, où certaines majorations apparaissent parfois sous une ligne spécifique.

Ancienneté, temps partiel, CDD : des situations à distinguer

Pour les jours fériés ordinaires chômés, le maintien de salaire est garanti aux salariés qui comptent au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise. Cette condition ne s’applique pas au 1er mai, dont le régime est plus protecteur. Une convention collective peut toutefois supprimer cette condition et prévoir le paiement des jours fériés dès l’embauche.

Les salariés à temps partiel bénéficient des mêmes règles que les salariés à temps plein, mais leur situation dépend de leur planning. Si le jour férié tombe sur un jour qu’ils auraient dû travailler, la rémunération est maintenue lorsque les conditions sont réunies. En revanche, si le jour férié tombe un jour habituellement non travaillé, il n’y a pas de paiement supplémentaire automatique.

Les salariés en CDD ont en principe les mêmes droits que les salariés en CDI placés dans une situation comparable. Les intérimaires, saisonniers ou salariés intermittents peuvent relever de règles particulières selon leur statut, leur contrat et les accords applicables. Dans ces situations, la lecture du contrat et des dispositions collectives est indispensable pour savoir si le maintien de rémunération est prévu.

Faut-il récupérer un jour férié non travaillé ?

Un jour férié chômé ne doit pas être récupéré lorsqu’il est accordé comme jour non travaillé. L’employeur ne peut donc pas demander au salarié de compenser cette absence par des heures supplémentaires simplement parce que l’entreprise était fermée. Ce principe protège le salarié contre une perte indirecte liée au calendrier.

Il existe toutefois un cas souvent source de confusion : le lundi de Pentecôte. Depuis la création de la journée de solidarité, cette date peut être travaillée dans certaines entreprises, ou remplacée par un autre dispositif. La journée de solidarité correspond à une journée de travail non rémunérée supplémentaire, dans la limite prévue par la loi. Ses modalités sont fixées par accord collectif ou, à défaut, par l’employeur après consultation des représentants du personnel lorsqu’ils existent.

Autre point important : lorsqu’un jour férié tombe pendant les congés payés, son traitement dépend du fait qu’il soit chômé ou travaillé dans l’entreprise. S’il est chômé, il n’est généralement pas décompté comme un jour de congé payé. S’il est travaillé, il peut être comptabilisé comme un jour de congé, sauf règle plus favorable.

Que vérifier sur sa fiche de paie ?

La fiche de paie peut aider à comprendre comment un jour férié a été traité. Pour un jour férié chômé et payé, le salaire mensuel reste souvent inchangé, sans ligne particulière. Pour un jour férié travaillé, une majoration ou une prime peut apparaître si elle est prévue par la convention collective ou l’accord d’entreprise.

Le salarié peut vérifier plusieurs éléments : son salaire de base, les éventuelles lignes de prime, les heures majorées, les repos compensateurs acquis et les retenues éventuelles. Une retenue liée à un jour férié chômé doit être examinée avec attention, surtout si le salarié remplit les conditions de maintien du salaire.

En cas d’erreur, la première démarche consiste à demander une explication à l’employeur ou au service paie. Beaucoup de situations se règlent par une régularisation sur le bulletin suivant. Si le désaccord persiste, le salarié peut solliciter les représentants du personnel, l’inspection du travail ou un conseil juridique spécialisé.

Ce qu’il faut retenir sur la rémunération des jours fériés

Les jours fériés ne sont pas tous traités de la même façon. Le 1er mai est obligatoirement chômé et payé, sauf dans les activités qui ne peuvent pas s’interrompre, où il doit être payé double. Pour les autres jours fériés, la rémunération dépend surtout du fait que le jour soit travaillé ou chômé, de l’ancienneté du salarié et des règles collectives applicables.

Lorsqu’un jour férié ordinaire est chômé, le salaire est maintenu pour les salariés mensualisés ayant au moins trois mois d’ancienneté, sauf dispositions plus favorables. Lorsqu’il est travaillé, aucune majoration légale générale n’est prévue, mais une convention collective peut imposer une prime, un repos ou un paiement majoré.

La bonne méthode consiste donc à croiser trois informations : le calendrier, l’organisation de l’entreprise et les textes applicables. Cette approche permet d’éviter les idées reçues et de savoir précisément si un jour férié rémunéré doit apparaître dans la paie, être compensé ou simplement être intégré au salaire mensuel habituel.

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